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Pardonne

Pile ou Face ?
Être unique, je me déchire
Et nous voilà deux,
Soyez prévenus.
Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 00:19
Une larme, légère, elle flotte un instant entre l'oeil et la terre. Scintillante, elle s'écrase au sol, et se brise, éclate et disparaît aussitôt... la terre à soif de sentiments, la terre soupire, elle demande le sang, elle réclame la justice.

Petit ange de pierre, son âme coule, Gaïa le réveille, Gaïa l'invite, il sort de son mutisme, et pour la cause, la roche se fait chair...il est l'heure, il est temps, le vent, qui est la voix mélodieuse de la terre,  lui murmure hâte-toi, hâte-toi... ses ailes s'étendent, il lève les yeux, le voilà pur et droit, fort et noble, et son regard est celui d'une fillette de huit ans, et son corps est immortel, et son coeur reste d'escarboucle flamboyant...
  
Le ciel, nuit de nouvelle Lune, les étoiles n'ont pas de concurrence... chacune lance à la terre des milliers d'échos ondulants... l'une d'entre-elle regarde le nouvel être millénaire, et lui offre, en gage d'humilité, un éclat de sa splendeur, qui se consumant se fait glaive de  justice. Son manche d'onyx brûle les mains de l'ange, et y imprime l'éclat du don fait à la terre. L'ange soupir, il ne connaît encore la douleur, et ressent soudain le feu de sa peau lisse, le cri de sa chair brûlée...il sourit, il sait ce qu'est la vie...

Mais hâte-toi, hâte-toi, être de sang, Gaïa lui souffle de sa hâter, généreuse elle le couvre de sensations, mais il faut qu'il obéisse. Tu as un but, tu es la main de la vengeance, tu décimeras les peuples, tu crèveras l'immonde et l'ignoble, ton coeur est de pierre, oh précieuse pierre, rien ne la brisera, et tu tueras, pour moi, pour anéantir la haine, l'innocence seule survivra... et toi, sale de tes meurtres, Gaïa te donnera celle plus innocente que toutes, tu la couvriras de nacre, et dans la dernière étreinte, elle que tu auras noircie te videra, ton sang s'échappera, tes os sous le choc se feront poussière, elle se nourrira de ta chair... et il ne restera de toi que ton coeur de rubis, flamboyant.

Elle, noircie, tentera d'empoigner l'arme... mais fille de la terre, l'onyx la réduira en cendre, et seul son ventre, chargé d'émeraude, restera...

Alors, sous les étoiles gracieuses, en cet endroit du monde ou la vengeance rencontra la pureté sacrifiée, resteront, en stèles immortelles, souvenir de la fin du règne de la désobéissance, l'émeraude, le rubis et l'onyx, et à chaque goutte de pluie, la terre, toute puissante, lavera de ses larmes la marque de l'offrande ultime.
Par Phoebe - Publié dans : nouvelle-voie
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